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Résumé :
Notre étude se consacre à la caractérisation de l'activité des aires corticales impliquées dans une tâche de perception du temps par un protocole d'imagerie non-invasive et à haute résolution temporelle : la magnéto-encéphalographie (MEG). Dans une première partie, nous passons en revue la littérature psychologique concernant la perception du temps en insistant sur les modèles d'horloge interne et leurs présumés fondements neurobiologiques. Nous concentrant sur la perception d'intervalles temporels courts (autour de 700 ms) et sur le rôle de la modalité sensorielle, nous enregistrons l'activité cérébrale évoquée lors de discriminations de durées présentées par la voie auditive ou visuelle.
La première étape consiste à décrire l'onde lente corrélative des tâches d'estimation temporelle : la variation contingente magnétique (VCM). Son décours temporel, sa topographie et le rôle de la modalité sur ces deux paramètres sont caractérisés à partir des données d'acquisition et comparés aux résultats obtenus en électroencéphalographie sur des protocoles similaires.
Dans un second temps, nous utilisons des algorithmes d'inversion pour reconstruire l'activité neuronale des régions corticales génératrices du signal magnétique observé au niveau du scalp. Grâce à la méthode d'analyse en sources distribuées, il est possible de modéliser la topographie dynamique de cette activité sur une reconstruction anatomique du cortex cérébral. Les résultats de ces deux analyses montrent que la VCM reproduit certaines caractéristiques des données électroencéphalographiques, comme le décours temporel de l'onde, mais semble s'en distinguer particulièrement dans sa topographie. La distribution de l'activité corticale met en avant le rôle de la modalité sensorielle dans la discrimination de durées et fournit les bases d'un test empirique des hypothèses de mécanismes supramodalitaires engagés dans la perception du temps.
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