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Résumé :
Les bases neurales de la mémoire de travail font l'objet de différents modèles anatomofonctionnels, provenant principalement d'études électrophysiologiques chez le singe et des données d'imagerie fonctionnelle chez l'homme sain.
Ce travail a pour but de tester la validité des différents modèles en faisant appel à la méthode neuropsychologique. L'étude des performances de groupes lésionnels, malgré ses limitations méthodologiques, apporte des informations complémentaires.
Les sujets étudiés sont tous porteurs de lésions cérébrales focales en rapport avec l'exérèse chirurgicale de tumeurs gliales de bas-grade. L'étude anatomique est réalisée par IRM cérébrale, les images sont normalisées et superposées dans l'espace de Talairach.
Le paradigme expérimental est une tâche de réactualisation temporelle (N-Back) d'informations spatiales, verbales ou de visages. Il permet d'évaluer chez un même sujet, la mémoire de travail en fonction de la nature de l'information traitée et du niveau de gestion exécutive de ces informations.
Le développement d'une nouvelle méthode de corrélation anatomo-clinique basée sur le recouvrement des lésions et pondéré par l'indice de performance, tient compte à la fois des données de groupes et des données individuelles.
Les résultats sont en faveur d'un modèle d'organisation rostro-caudal du cortex préfrontal en fonction du niveau de gestion exécutive indépendamment de la nature de l'information. Les régions les plus rostrales seraient impliquées dans l'auto-génération de stratégies, les régions dorso-latérales dans le maintien en MT et les régions médiales dans l'estimation de la complexité.
Enfin ces résultats montrent qu'un déficit cognitif non perçu par l'entourage peut être objectivé. La décision thérapeutique devra donc tenir compte du retentissement fonctionnel lié à l'exérèse chirurgicale dans ce contexte.
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