L'illusion de continuité auditive : une étude MEG


Mémoire de DEA
Auteur(s) : LLOBERA, Joan
Directeur(s) : Daniel Pressnitzer, Stephen McAdams, Sylvain Baillet
Date de soutenance : 2004
Intitulé de la formation : DEA de sciences cognitives (EHESS)
Format electronique :
Cote : DEA 0832
Résumé : Dans une scène sonore typique, un auditeur doit traiter simultanément un grand nombre de sources superposées. Néanmoins, il est capable d'organiser cette scène en flux, groupements perceptuels liés à la représentation mentale des sources. Il a depuis longtemps été démontré par des expériences psychophysiques que même si un flux est masqué par un autre son pendant une durée de temps brève, il conservera sa cohérence perceptive. Ce phénomène est appelé illusion de continuité auditive. Cette étude vise a étudier les bases neuronales de cette illusion en combinant psychophysique et imagerie cérébrale par magnétoencéphalographie (MEG). Un ensemble de sons a été étudié où la manipulation d'un paramètre physique permettait d'obtenir des sons similaires mais provoquant ou ne provoquant pas l'illusion. Les sons consistent en un bruit modulé en amplitude, interrompu par un bruit non modulé. Les auditeurs entendent la modulation comme continue. Des expériences psychophysiques ont permis de montrer qu'un intervalle de silence de durée suffisante après le bruit non modulé permet de casser la continuité illusoire. L'imagerie cérébrale montre que la réponse MEG habituellement associée à la présence de stimuli modulés en amplitude, la réponse stationnaire ou ASSR, n'est pas reconstruite pendant l'illusion. En revanche, l'illusion apparaît corrélée à l'activité gamma précoce. Celle-ci est définie comme une activité évoquée qui se produit entre 30 et 80 ms après la stimulation, entre 35 et 57 Hz. Dans cette expérience, elle est liée avec le début du bruit modulé après l'intervalle de silence. Sous l'hypothèse que l'organisation de la scène sonore se réalise d'abord par la ségrégation des flux puis par la caractérisation des attributs perceptifs de ceux-là, l'activité gamma serait liée à l'attribution d'un flux aux nouveaux évènements sonores.
Mots clés :