Que mesure l'horloge interne ? Philosophie du temps et neurosciences


Mémoire de DEA
Auteur(s) : CHOMANT, Christophe
Directeur(s) : Roberto Casati
Date de soutenance : 2004
Intitulé de la formation : DEA de sciences cognitives (EHESS)
Format electronique :
Cote : DEA 0836
Résumé : Il est difficile d'identifier les phénomènes sous-tendant les différentes notions de temps. Certains philosophes s'interrogent sur leur réalité extra-mentale. La 'durée' peut-elle ainsi être considérée comme un phénomène objectif extérieur si les événements qualifiés de 'passés' et 'futurs' n'ont pas de réalité ? L'examen des connaissances neuroscientifiques sur 'l'horloge interne' suggère que celle-ci comptabilise des impulsions régulières internes de façon concomitante à des événements extérieurs via la perception, puis produit une valeur qui lui permet de comparer des durées ou de les exprimer sous forme d'unités conventionnelles. Il devient alors possible d'envisager que la 'durée', sous sa forme 'subjective' comme 'évaluative', puisse être une construction cognitive nourrie de phénomènes intra-cérébraux. Plus avant, le 'temps' pourrait ne pas être un phénomène du monde extra-mental mais un ensemble d'idées nourries de phénomènes intra-cérébraux et de propriétés dynamiques de mobiles extérieurs en mouvement au présent. Automaticité des procédures perceptives et cognitives ainsi que langage contribueraient à persuader la conscience de l'appartenance extra-mentale du temps. Des pressions évolutives liées à la condition animale de devoir se mouvoir pour provoquer une concomitance spatiale avec des cibles alimentaires et sexuelles mobiles pourraient expliquer l'émergence des idées temporelles. Il est donc possible d'envisager, à l'éclairage des neurosciences, une conception cognitiviste du temps, qui se distinguerait de celle, 'réaliste-extra-cognitiviste', du sens commun.
Mots clés :