« Je m'oriente, donc je suis » : approches phénoménologiques et fonctionnelles du changement de point de vue


Habilitation à diriger des recherches
Auteur(s) : AMORIM, Michel-Ange
Directeur(s) :
Date de soutenance : 2004
Intitulé de la formation :
Cote : H 0845
Résumé : Afin de pouvoir se déplacer dans l'environnement l'être humain doit être capable d'y détecter des structures et des événements. Cette capacité que l'on appelle « perception » requiert que l'on soit sensible au moins à une forme d'énergie qui peut nous informer sur notre environnement. Cette source d'information ou « stimulation » peut être chimique, mécanique (e.g., acoustique, inertielle), optique, etc. Les changements optiques accompagnant le changement de point de vue spécifient la structure de l'environnement (extéroception), mais aussi les déplacements de l'observateur (exproprioception). Ce document croise les approches phénoménologiques (expérientielles) et fonctionnelles (psychologie cognitive et psychologie écologique) du changement de point de vue pour aboutir à la proposition que le point de vue égocentré dit « à la 1ère personne » est à la base d'un « soi minimal », d'où le titre : « Je m'oriente, donc je suis ». La désintégration perceptive de l'espace personnel (« l'espace du corps » ou « corporéité ») et extrapersonnel (« le corps dans l'espace » ou « spatialité ») accompagnant le point de vue à la 1ère personne conduirait à des phénomènes de changement de point de vue inhabituels de type autoscopique (passage à un point de vue externe dit « à la 3ème personne »). Comprendre la relation entre la phénoménologie de l'espace visuel et sa correspondance avec l'espace physique est important aussi bien d'un point de vue philosophique, que scientifique (e.g., comprendre le contrôle de l'action) et pratique (e.g., pour l'ingénierie des environnements virtuels). Ce document apporte un éclairage personnel sur cette question en soulignant l'intérêt de considérer « l'inscription spatiale de l'esprit » dans l'étude des mécanismes de la cognition corporelle et de la conscience de soi. Ce thème est au coeur des sciences du sport, de la motricité et du mouvement humain, et plus généralement des liens entre comportement, cognition, et cerveau.
Mots clés : Phénoménologie ; psychologie écologique ; cognition spatiale ; changement de point de vue ; spatialité ; corporéité ; autoscopie.