Rôle du vermis du cervelet dans l'estimation du temps et le contrôle du regard. Étude et stimulation magnétique transcrânienne chez des patients schizophrènes et de sujets contrôles sains


Mémoire de master 2
Auteur(s) : PICARD, Hernan Javier
Directeur(s) : M.-O. Krebs
Date de soutenance : 2005
Intitulé de la formation : Master de sciences cognitives (Paris)
Format electronique :
Cote : Master 0875
Résumé : Le cervelet est une structure cérébrale qui intervient dans des processus moteurs et cognitifs multiples (langage, attention, mémoire de travail, apprentissage, planification, estimation et jugement temporel). La région vermienne a été impliquée lors des tâches de conditionnement classique, de contrôle du regard (mouvements saccadiques), et de mouvements rythmés (timing). Des anomalies structurales et fonctionnelles des régions cérébelleuses en particulier vermienne ont été retrouvées chez des patients schizophrènes. Andreasen (1999) intégrant les données cliniques et anatomiques, propose Ie concept de dysmétrie cognitive, dysfonctionnement rattaché à une perturbation du Circuit Cortico-Cerebelleux -Thalamo-Cortical dont Ie rôle serait de faciliter la planification et I'exécution tant motrice que cognitive. En outre, les études cliniques ont montré la fréquence de troubles neurologiques mineurs chez les patients schizophrènes, même jamais traités, en particulier de coordination motrice et d'intégration sensorielle. Ces anomalies seraient corrélées à l'atrophie cérébelleuse. Ces études soulignent l'atteinte du vermis dans la schizophrénie. Toutefois, des controverses persistent, notamment dans la place de cette atteinte cérébelleuse dans les troubles cognitifs observés chez les patients schizophrènes. Ce travail porte sur Ie rôle du vermis dans l'estimation du temps, et Ie contrôle du regard. Quatre épreuves ont été réalisées avant et après une séance de 10 minutes de Stimulation Magnétique Transcrânienne répétée (rTMS), afin d'étudier I'effet de la perturbation transitoire du vermis sur les performances. Les épreuves ont été choisies pour leur faisabilité (en particulier durée courte) et du fait qu'elles sont supposées mettre en jeu Ie cervelet. La recherche sera divisée en deux parties : la première, avec des sujets contrôles sains ; Ia deuxième chez des patients schizophrènes. Ce memoire constitue Ie rapport de la première partie. Seize sujets contrôles (2f/I4h), d'un âge moyen de 25 ans (+/- 6,17 ans) ont accompli quatre tâches : A) pour étudier Ie contrôle du regard : 1) une tâche de saccade prédictive (Krebs, 2001); 2) une tâche de saccades adaptatives (Desmurget, 2000); B) pour étudier l'estimation du temps : 1) une tâche de généralisation temporelle (Wearden, 1992) et 2) une tâche de généralisation épisodique (Wearden et Bray, 2001). Les résultats ne montrent pas des différences significatives avant et après rTMS, ni pour les épreuves d'estimation temporelle, ni pour les épreuves de mouvements saccadiques. Deux cas de figure sont possibles : un défaut de technique (non inhibition du vermis par la rTMS) ; ou la non implication du vermis dans ces épreuves (inhibition du vermis par la rTMS). Les deux possibilités sont discutées. Les évidences suggèrent un défaut de technique. Le caractere préliminaire et inachevé de cette étude justifie la vérification, la remise en cause, et la persistance dans la démarche entreprise. Le rôle du cervelet dans des maladies neuropsychiatriques à forte composante développementale (comme c'est Ie cas de l'autisme ou d'un certain phénotype de patients schizophrènes) reste à l'heure actuelle un domaine de recherche stimulant. Les résultats du présent travail seront intégrés à un projet portant sur les circuits fronto-cérébelleux dans ces deux types de pathologies (autistes et schizophrènes). Ce travail en a été Ie premier jalon.
Mots clés :