|
Résumé :
Le but de ce travail est d'avancer la these suivante : si l'on veut faire de la cognition située un paradigme de recherche prometteur, il faut renoncer à la thèse qui met en question l'importance (voire l'existence) des représentations. Etant donnée l'ampleur de cette thèse, l'auteur restreint la discussion à la théorie de la perception visuelle et notamment, à la théorie sensorimotrice proposée par O'Regan & Noe, car ils ont montré une volonté claire de mettre en question la notion de représentation. Au lieu d'analyser les arguments qu'ils ont proposés contre l'existence des représentations, des arguments positifs seront présentés pour défendre la nécessité d'introduire des représentations.
On peut exprimer cette thèse dans un slogan au style de Kant : la perception sans action est vide ; la perception sans représentations est aveugle. La plupart des chercheurs du domaine de la cognition située et, plus particulièrement, de la perception active, ont investi des efforts considérables pour justifier la première partie du slogan ; toutefois, s'ils ont essayé de montrer que l'action est une condition nécessaire pour que la perception acquière un contenu structuré, ils ont négligé parfois l'idée selon laquelle plusieurs tâches cognitives sembleraient difficiles à rendre intelligibles si l'on ne postule aucune notion de représentation. Fodor (1975) a déclaré autrefois qu'il ne peut y avoir aucune computation sans représentation. On peut dire aujourd'hui qu'une nouvelle théorie de la représentation est nécessaire si l'on veut rendre compte du couplage de la perception avec des processus cognitifs comme la catégorisation, la formation des croyances, le stockage des information, le contrôle de l'action et le raisonnement.
|