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Résumé :
La lecture des comportements moteurs des autres individus joue un rôle fondamental dans notre capacité à comprendre autrui et à interagir ou non avec lui. La dimension expressive de ces comportements transparaît au travers des postures, gestes et mimiques faciales et sont autant d'indices et de signaux nous renseignant sur l'état émotionnel et les intentions d'une personne. Au cours des dix dernières années, de nombreux travaux chez le singe et chez l'homme indiquent que l'observation d'une action réalisée par autrui est associée à des activations au sein des régions cérébrales impliquées dans la préparation et l'exécution de cette même action (le cervelet, le cortex pariétal, le cortex prémoteur). Afin d'expliquer ces résultats, de nombreux auteurs suggèrent qu'un processus de résonance motrice est impliqué au cours de la perception et de la compréhension des actions d'autrui (neurones miroirs). Un processus similaire pourrait être également recruté durant la perception d'expressions émotionnelles. Cependant, la plupart des études réalisées à ce jour dans le domaine des émotions ont concentré leur champ d'investigation aux seules expressions faciales en utilisant des stimuli statiques. L'objectif de ce projet était d'identifier, au moyen de l'imagerie à résonance magnétique fonctionnelle, les mécanismes cognitifs impliqués au cours de la perception des expressions corporelles de l'émotion de peur, en tenant compte de leur aspect dynamique, par opposition à la perception d'expressions corporelles neutres. Nos principaux résultats montrent que la perception dynamique (versus statique) d'une expression corporelle de peur ne module pas significativement l'activité hémodynamique de l'amygdale par rapport à la présentation dynamique d'une expression corporelle neutre. Cependant, elle module l'activité des aires pariétales et prémotrices de la voie dorsale. Il n'est toutefois pas évident de comprendre les implications d'un tel couplage. En effet, la résonance motrice d'une expression corporelle émotionnelle pourrait être interprétée comme une simulation de l'action d'autrui, une incarnation de sa peur afin de la comprendre. Elle pourrait également être interprétée comme une préparation à l'action, amorçant le système moteur de l'individu et favorisant ainsi l'apparition d'une réaction rapide, lui permettant de faire front ou volte-face à la situation.
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