Perception temporelle en séquences : développement d’une méthode de représentation visuospatiale, perception rythmique catégorielle

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titlePerception temporelle en séquences : développement d’une méthode de représentation visuospatiale, perception rythmique catégorielle
start_date2005/11/25
schedule11h-12h
onlineno
location_infosalle CH55
summaryNous avons développé une nouvelle méthode pour l’étude de la perception temporelle en séquence (e.g., parole, musique), qui implique la transformation de l’information temporelle en une représentation visuospatiale. Si la représentation visuospatiale est une bonne approximation de la représentation mentale des participants, cette méthode permet une mesure rapide, directe, et quantitative de la représentation mentale. Les participants entendaient des séquences de trois sons courts successifs couvrant 1 sec ou 1.2 sec (en blocs), le deuxième son étant distribué uniformément dans l’intervalle. Après chaque séquence, ils devaient placer un trait vertical à l’intérieur d’une barre horizontale symbolisant la séquence, à une position représentant le moment de présentation du deuxième son. Nous avons trouvé que, quand ce son était présenté dans unee gamme centrée autour du milieu de l’intervalle (+/-10%), il était rapporté comme s’étant produit au milieu (effet d’assimilation). Une subdivision de l’intervalle total en deux intervalles égaux semblait donc correspondre à une catégorie perceptive : en outre, la variabilité des réponses était maximale aux limites de la zone d’assimilation, et un effet de contraste était observé juste au-delà de ces limites (les participants exagéraient la déviation par rapport au milieu de l’intervalle). Si cette méthode permet effectivement d’accéder à la représentation mentale des séquences, il devait être possible de valider ces résultats avec une tâche n’impliquant pas de réponse visuospatiale. Dans une deuxième expérience, nous avons utilisé une tâche de discrimination classique 2ACF purement auditive et temporelle. Les participants devaient indiquer si dans une deuxième séquence, par rapport à une première séquence, le deuxième son s’était produit plus tôt ou plus tard. Conformément aux prédictions issues des données visuospatiales et de l’utilisation de la Théorie de Détection du Signal, des maxima locaux en sensibilité ont été observés aux limites de la zone d’assimilation (une séquence se trouvait dans la zone -assimilée-, et l’autre juste en dehors -contrastée-). Ces résultats suggèrent une perception catégorielle du rythme et généralisent des études précédentes (Clarke, 1987 ; Desain & Honing, 2003) (1) à une tâche qui n’implique pas la catégorisation rythmique par le biais de l’utilisation de la notation musicale et l’instruction d’ignorer les variations temporelles expressives, et (2) à des participants non-musiciens ou au mieux musiciens amateurs. En termes de systèmes dynamiques, l’isochronie semble fonctionner comme un attracteur.
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