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Les antisaccades : bases neuronales et intérêt clinique| old_uid | 1439 |
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| title | Les antisaccades : bases neuronales et intérêt clinique |
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| start_date | 2006/06/19 |
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| schedule | 11h-12h30 |
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| online | no |
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| summary | La survenue d'un stimulus visuel pertinent dans notre environnement déclenche habituellement une saccade oculaire de refixation. Dans certains contextes cependant, il est important de pouvoir détecter un stimulus tout en déclenchant une saccade dans une autre direction. Un conducteur automobile est par exemple capable de repérer un danger faisant soudainement irruption sur le côté de la route tout en regardant dans la direction opposée afin de l'éviter. Cette faculté de pouvoir dissocier attention et mouvements oculaires est une fonction exécutive fondamentale qui peut être quantifiée par le test des antisaccades. L'objectif essentiel de ce test est de déclencher une saccade oculaire non pas vers une cible visuelle mais dans la direction diamétralement opposée. Ce test nécessite donc de localiser la cible tout en inhibant une saccade réflexive dans sa direction, puis de déclencher une saccade volontaire en direction opposée. Ce test est massivement perturbé chez les patients distractibles et fait partie de batteries de test utilisées pour le diagnostic et l'exploration de pathologies neuropsychiatriques telles que les syndromes parkinsoniens, le syndrome d'hyperactivité de l'enfant ou la schizophrénie.
Les structures neuronales misent en jeu dans la réalisation de ce test ont été progressivement identifiées, même si des inconnues et des controverses persistent. Chez le sujet normal, des études de métabolisme cérébral (IRMf) ont révélé l'activation d'un vaste réseau cortical fronto-pariétal et des ganglions de la base. Des études réalisées chez des patients (avec lésion vasculaire focale) et chez le primate (après inactivation réversible) ont permis de localiser, parmi ce réseau, les structures plus précisément impliquées dans l'inhibition des saccades réflexes. La synthèse des données anatomiques et physiologiques permet aujourd'hui de proposer l'existence d'un circuit préfronto-pariéto-colliculaire qui serait capital pour le contrôle des mouvements de l'attention et de leur expression ou non sous la forme de mouvement du regard.
Une dysfonction de ce réseau fronto-pariéto-sous cortical serait à l'origine de la distractibilité excessive observée chez certains patients neuropsychiatriques. Cependant, l'absence de tout traitement pour ce trouble de l'attention est à l'origine d'études pharmacologiques ayant pour but de déterminer les bases neurochimiques de la distractibilité. Un modèle animal de schizophrénie est ainsi actuellement utilisé pour tester des nouvelles molécules susceptibles de réduire ce trouble du comportement. |
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| responsibles | Cohen |
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