Prénommer, c’est classer. Un exemple dans la presse française

old_uid2706
titlePrénommer, c’est classer. Un exemple dans la presse française
start_date2007/04/27
schedule14h30-16h30
onlineno
summaryLa linguistique aborde le nom de personne (de même que le nom de lieu, autre représentant majeur de la catégorie), en tant que nom propre, sous-catégorie du nom aux fonctionnements assez particuliers, et dont la question du sens constitue un aspect crucial. Les approches linguistiques du sens du nom propre peuvent être d’ordre historique, étymologique et philologiques, comme dans la perspective onomastique, ou d’ordre philosophique et référentiel, comme dans la perspective logico-grammaticale (en tant que telle ou en tant qu’« héritage » théorique). Or l’une et l’autre ont leurs limites. La première, tout en exploitant le fait que le nom propre est un objet riche, relevant à la fois de la linguistique et d’autres sciences humaines, comme l’histoire et l’archéologie, a en fait pour but de « remonter » au lexème initial et donc à un état antérieur au nom propre lui-même. La seconde, associant étroitement nom propre et référent (unique, qui plus est), peine à se dégager d’une conception « encyclopédique » du sens du nom propre (comme somme de descriptions définies, par exemple), et ne peut prendre en compte les rôles classifiant et signifiant du nom de personne. Par ailleurs, quelle que soit l’approche, l’hétérogénéité des différents noms de personne est peu soulignée alors que, pour le français par exemple, prénoms, patronymes, nominations complètes, surnoms et pseudonymes, sans parler des différents titres et appellatifs qui peuvent s’y agglomérer, relèvent de fonctionnements linguistiques et sociaux particuliers. L’observation du fonctionnement des noms de personnes dans des discours et dans des textes fait au contraire apparaître, à côté de la fonction désignative, qui ne peut s’exercer que lorsque le nom propre est associé à un référent précis, d’autres fonctions, d’ordre classificatoire, comme par exemple celles par lesquelles l’anthroponyme inscrit dans des systèmes sociaux de classement et peut indiquer une appartenance religieuse ou une origine ethnique. C’est dans cette optique, en distinguant nettement le cas où l’anthroponyme est associé à un référent du celui où il ne l’est pas, que nous envisagerons le nom propre, et plus précisément le prénom, comme pourvu, ainsi que tout autre nom, d’un potentiel sémantique dont les possibles sont toutefois un peu différents de ceux des noms communs de la langue, et dont la signification, liée à un acte de nomination, est liée à des paramètres sociaux et identitaires spécifiques. Cette proposition sera appuyée sur (et illustrée par) une étude de cas fondée sur un recueil d’articles de presse écrite.
responsiblesMasquelier, Leblic