La mémoire autobiographique : de la littérature aux neurosciences

old_uid2985
titleLa mémoire autobiographique : de la littérature aux neurosciences
start_date2007/06/06
schedule17h
onlineno
location_infosalle 2
detailsinvitée par l’Assemblée des Professeurs, sur la proposition du professeur Jean-Pierre Changeux
summaryLe philosophe Paul Ricoeur a prédit que l’orientation future des neurosciences serait de considérer l’expérience subjective « vécue » dans son rapport précis avec les activités cérébrales effectivement enregistrées. La littérature moderne est une vaste source potentielle à creuser pour les scientifiques. Mes recherches interdisciplinaires visent à réaliser une sorte d’entrecroisement entre les deux domaines à travers des exemples concrets et paradigmatiques d’une phénoménologie de la mémoire. La littérature autobiographique du XXe siècle peut être utilisée comme un laboratoire virtuel pour l’étude du fonctionnement du cerveau dans les opérations de l’encodage, du stockage et de la récupération de la mémoire épisodique. Les œuvres artistiques sélectionnées (dont un grand nombre sont françaises) contiennent des sujets remémorisants, des métaphores graphiques et des scènes dramatiques qui incarnent des aspects du fonctionnement de la mémoire physiologique. L’interprétation de ces œuvres peut donc éclairer par les images artistiques certains chemins de la neuroanatomie fonctionnelle ainsi que des phénomènes de la mémoire. Les écrivains de Marcel Proust à Octavio Paz sont des sujets extraordinaires à étudier en raison de leur sensibilité aigue, de leur perceptions lucides, et de leurs capacités verbales exceptionnelles à communiquer ces expériences. Leur modernité même soulève une orientation du processus de métacognition – ce qui relève encore plus de l’information sur le fonctionnement de la mémoire. Dans ce cadre littéraire, les hypothèses suivantes peuvent être mises en relief : la notion du cerveau émotionnel, le mécanisme des déclencheurs sensoriels, les études des indices mnésiques, la question de confabulation, celle de la mémoire réactivée, et le sujet complexe et peut-être le moins approfondi de la mémoire inconsciente ou implicite. Les analyses littéraires montrent à l’évidence que la mémoire est fondamentalement un processus de création et de reconstruction, certes amplifié par l’expérience et l’expression de l’artiste mais que l’on retrouve aussi chez le commun des mortels.
responsibles<not specified>