La valeur prospective d’ultériorité de la forme itive dans les langues romanes

old_uid4913
titleLa valeur prospective d’ultériorité de la forme itive dans les langues romanes
start_date2008/05/26
schedule15h-16h30
onlineno
detailssuite à 16h30
summaryDans l’ensemble roman, la grammaticalisation de la forme itive (aller en français, ir en espagnol et en galicien-portugais, etc…) + infinitif, a produit, suivant les langues, trois types d’emploi que l’on peut identifier comme : (i) emploi prétérital : présent de la forme itive + infinitif, en catalan, occitan et moyen français : (1) ahir va ploure molt però avui fa bo (‘hier, il a plu (va pleuvoir) beaucoup, mais aujourd’hui il fait beau’) (ii) valeur prospective d’ultériorité : présent ou imparfait de la forme itive + infinitif (avec ou sans la préposition a (2) il va / allait pleuvoir (iii) effet de sens d’ « allure extraordinaire » (Damourette et Pichon ) : forme itive à un temps de l’indicatif quel qu’il soit + infinitif, dans l’ensemble des langues romanes : (3) - L’usine est occupée, ça va être la bagarre, les licenciements et tu t’imagines que j’irais m’envoyer en l’air avec le patron ? Mais tu es bonne à enfermer de penser des choses pareilles. (Mordillat, Les Vivants et les morts) Si de nombreux travaux ont été consacrés à la question du rapport entre (i) et (ii), bien peu de recherches se sont intéressées à la question qui surgit de la comparaison de (ii) et de (iii) : alors que pour produire le sens (iii) d’ « allure extraordinaire », la forme itive peut se réaliser à tous les temps de l’indicatif - p. ex. le conditionnel en (3) - pourquoi, pour produire la valeur prospective d’ultériorité (ii), la forme itive ne peut-elle se réaliser qu’aux deux temps simples de l’imparfait (7) et du présent (8) ? (7) le train allait partir (7) le train va partir Pourquoi le passé simple (9), le passé composé (10), le futur (11) notamment ne peuvent-ils entrer dans la production de ce sens ? (9) *le train alla partir (10) *le train est allé partir (11) *le train ira partir L’hypothèse que nous développerons, en appui sur l’approche aspectuo-temporelle des temps de l’indicatif développée dans Barceló et Bres 2006, est la suivante : la possibilité de construire la valeur de prospection sur le présent et sur l’imparfait comme son impossibilité sur le passé simple et sur le passé composé (plus généralement les formes composées) est d’ordre aspectuel ; alors que la difficulté de construire cette valeur sur le futur – au moins en français, car cette possibilité se réalise en portugais - est d’ordre temporel.
oncancelchangement d’horaire
responsiblesDétrie