Le conditionnel journalistique dans la presse de langue espagnole : norme et résistances

old_uid6115
titleLe conditionnel journalistique dans la presse de langue espagnole : norme et résistances
start_date2009/01/26
schedule15h30-17h
onlineno
summaryL’usage du conditionnel dit journalistique (« Fidel Castro serait proche de la mort », Libération, 15.12.06) constitue, on le sait, une pratique discursive courante dans la presse française, suscitant depuis de nombreuses années l’attention des linguistes, ceux en particulier se réclamant de l’approche polyphonique du langage. Le conditionnel espagnol dont l’origine et les compétences générales sont similaires à celles du conditionnel français ne semble pas, à première vue du moins, autoriser cet emploi spécifique : force est de constater, en effet, que les grands périodiques hispanophones ignorent un tel usage. L’invisibilité de ce qu’il est convenu d’appeler le « condicional de rumor » n’est cependant que le résultat immédiat d’une pression normative très forte s’exerçant sur les rédactions des grands organes de presse au travers des « livres de style » (libros ou manuales de estilo), lesquels excluent systématiquement du bon usage journalistique un emploi du conditionnel jugé agrammatical et déontologiquement condamnable. Il suffit de consulter des médias moins établis et donc non soumis aux prescriptions normatives (quotidiens à diffusion locale ou régionale, sites d’information sur la Toile) pour découvrir que le conditionnel espagnol peut servir les mêmes intentions communicatives que son équivalent français : présenter une information sans l’asserter en l’attribuant à un énonciateur distinct (implicite ou non). Nous nous proposons de montrer que ce tour, bien qu’il soit, selon toute vraisemblance, calqué du français, peut être regardé comme une exploitation discursive de la représentation en langue d’un tiroir verbal permettant de situer un procès dans l’ultériorité d’un point de repère antérieur à l’instant d’énonciation.
responsiblesDétrie