| old_uid | 9796 |
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| title | Terminologie de parenté et paroles de parenté : aspects extra-linguistiques de la nomenclature paicî |
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| start_date | 2011/03/16 |
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| schedule | 14h-16h |
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| online | no |
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| summary | L'étude de la parenté kanak est le deuxième thème de recherche que j'ai développé en Nouvelle-Calédonie. Ce travail, poursuivi au cours de neuf missions entre 1993 et 2007, a été intégré dans une étude plus globale sur la parenté, l'alliance et l'adoption. À cette époque, peu d'études sur le sujet avaient été faites depuis les travaux anciens de M. Leenhardt et les plus récents de J. Guiart, de J.-C. Rivierre et A. Bensa. J'ai été ainsi la première à faire une étude systématique (via un SGBD) des informations obtenues grâce à une couverture généalogique complète des vallées de Ponérihouen (qui comprend plus de six mille personnes, tous niveaux généalogiques confondus). Cela m'a permis d'insister, dans un contexte de dualisme matrimonial paicî, sur la différence entre normes et pratiques, en fonction de l'organisation politique, sociale et religieuse à Ponérihouen. J'ai pu constater ce qu'était réellement ce système de parenté dualiste, le seul repéré concrètement chez les Kanak (voir l'article paru dans L'Homme [2000d]) où l'accent est mis sur plusieurs problèmes, en particulier, sur la réalité des moitiés exogamiques ou la mise en cause du système dualiste par les alliances ne respectant pas la règle. J'ai ainsi montré que des critères autres que l'exogamie dualiste interviennent dans le choix du conjoint, par exemple l'histoire des clans qui impose à certains lignages des prescriptions négatives. Comme le note C. Lévi-Strauss à propos de cet article dans la postface du numéro de L'Homme Question de parenté, ce qui peut apparaître comme une anomalie des systèmes dualistes, pour l'instant repérée que dans deux sociétés (les Paicî de Nouvelle-Calédonie et les Bororo du Brésil), « pourrait être une propriété intrinsèque d'un certain type d'organisation sociale » (2000 : 718). Une étude conjointe des alliances et des circulations d'enfants a montré que, dans le système de parenté à deux moitiés exogames, où le mariage préférentiel est avec la cousine croisée, il existe deux types de transferts d'enfants. Dans cette société patrilinéaire, le premier est celui par lequel des femmes célibataires donnent des enfants non reconnus par leur père pour qu'ils acquièrent une identité lignagère. Le second type de transfert d'enfant est celui par lequel des couples valorisent et renforcent, soit les échanges exogames en donnant des enfants aux clans alliés, soit les solidarités endogames en les donnant à leurs agnats. Mes études sur l'adoption paicî m'ont donc permis de remettre en cause l'hypothèse d'Ivan Brady selon laquelle, lorsque les mariages entre cousins croisés sont autorisés, l'adoption ne joue qu'un rôle mineur dans l'alliance entre les unités échangistes (1976 : 290). Au contraire, les données généalogiques paicî montrent que les deux sont pratiqués avec la même fonction : tout comme l'échange avec la cousine croisée (réelle ou classificatoire), les transferts d'enfants dans l'alliance sont très valorisés. Un autre résultat de mes recherches sur la parenté kanak a fait apparaître l'importance, accordée par les Paicî (mais aussi par leurs voisins ajië, cèmuhî et xârâcùù), aux termes d'adresse, dont la cyclicité sur trois générations en réduit considérablement le nombre par rapport à l'ensemble des termes de référence (2005a, 2006b). En relation avec l'étude des termi¬nologies de parenté, mes enquêtes récentes ont été consacrées aux procédés de nomination. Une perspective de recherche est d'ailleurs de mener une étude comparative des différentes terminologies kanak en rapport avec les variations des règles d'alliance dans différentes régions kanak. Dans cette optique, en mai 2007, j'ai commencé, à Ouvéa (aire iaai et faga uvea), à des fins comparatives, de nouvelles enquêtes sur la parenté (généalogies, terminologies et discours sur l'adoption). Ces recherches sur les Paicî (qui ont donné lieu à la rédaction de deux ouvrages : l'un, sur le système de parenté et l'organisation sociale (cf. “Échanger dans la route”…,), un manuscrit inédit qui a été présenté pour la soutenance de mon habilitation à diriger des recherches à l'EPHE (20 mai 2010) ; le second, en cours de rédaction, concerne l'histoire des clans et des chefferies des vallées de Ponérihouen) seront présentées ici sous l'axe des "paroles" de parenté, que ce soit les terminologies ou la façon dont on en parle. Après avoir présenté les conditions de l'enquête et la méthode de travail sur les généalogies et le terminologie de parenté paicî, je présenterai l'analyse des terminologies d'adresse et de référence et la signification de toutes ces paroles de parenté paicî quant à la structure sociale. |
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| responsibles | Kern |
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