La TCC basée sur la Pleine Conscience : un refuge pour l’expérience subjective

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titleLa TCC basée sur la Pleine Conscience : un refuge pour l’expérience subjective
start_date2012/04/12
schedule14h30-16h30
onlineno
detailsDiscutant : Christophe André, psychiatre et psychothérapeute à l’hôpital Sainte-Anne, Paris
summaryLa méditation enseignée par la philosophie bouddhiste a largement inspiré la troisième vague des thérapies cognitives et comportementales (TCC) qui a débuté dans les années 90, et en particulier la thérapie cognitive fondée sur la pleine conscience ou MBCT (Mindfulness-Based Cognitive Therapy) dont elle est issue. Cette thérapie a été conçue dans le but de prévenir les rechutes dépressives dont la probabilité de survenue croît en fonction du nombres d’épisodes antérieurs et semble dépendre du maintien d’un style cognitif particulier et dysfonctionnel et qui se renforce au cours du temps. Elle est pratiquée en groupe selon un programme structuré en 8 séances hebdomadaires qui abordent des thèmes différents et suivant une progression précise. Tous les exercices et les consignes associés à ces thèmes mettent l’accent sur l’importance du ressenti expérientiel du sujet, son acuité, son déploiement volontaire sur différents objets du champ de sa conscience, et sur son renforcement au fil des séances. L’intérêt est essentiellement porté sur ce qui est vécu, conscientisé, et si possible exprimé verbalement ou par écrit par le sujet (données et première personne), l’instructeur (la troisième personne) ayant davantage un rôle d’animateur chargé de proposer aux participants divers moyens et outils pour acquérir un ensemble d’habiletés à la “Pleine Conscience“ que celui de tenter de modifier le contenu de leurs cognitions erronées et source de souffrance. C’est bien plus une autre relation avec ses propres cognitions qui est recherchée. Le sujet est invité à adopter une posture métacognitive explicite, en étant l’observateur de ses propres sensations perceptives, corporelles et de ses pensées, dans une attitude résolument décentrée par rapport à elles. C’est ainsi qu’il est encouragé à porter attention à son expérience présente, avec le maximum de vigilance et de précision, et dans les différents champs de ses perceptions extéroceptives (sensorielles) et intéroceptives (somesthésiques) ainsi que de ses cognitions (pensées, émotions, sentiments), en les reconnaissant sans les traiter cognitivement et en les acceptant sans les juger. Ces nouveaux programmes psychothérapeutiques sont donc susceptibles de fournir des données en première personne particulièrement riches, précises et intéressant différents champs de l’expérience subjective, et qui ne demandent qu’à être quantitativement et qualitativement davantage explicitées. Quant au thérapeute et au chercheur, ils ne peuvent que tirer parti de ces précieuses informations pour mieux comprendre nos cognitions et leurs pathologies.
responsiblesJeanningros, Burnod