La problématique organisation structurale en langue versus régularités de performance à la lumière de la distinction entre construction et énoncé

old_uid12087
titleLa problématique organisation structurale en langue versus régularités de performance à la lumière de la distinction entre construction et énoncé
start_date2013/02/12
schedule14h-16h30
onlineno
location_infosalle G-614
summaryL’exposé proposera de définir deux domaines de l’analyse syntaxique de la langue parlée approfondissant la distinction entre micro et macro-syntaxe (Blanche-Benveniste et alii [90]): le domaine des « constructions » ou ensemble de signes conventionnellement établis dans une communauté linguistique et celui des régularités formelles observées dans l’élaboration des énoncés produits en situation par les locuteurs. 1) Le domaine des constructions ou microsyntaxe est défini comme celui des régularités distributionnelles observées entre deux catégories grammaticales. La construction prototypique comporte une catégorie tête ou constructeur exerçant une rection sur des catégories construites. Les relations entre constructeur et construit peuvent être exprimées par les relations grammaticales reconnues : objet, ajout, spécification. Ces relations ne sont pas ordonnées. Le deuxième niveau de l’organisation des constructions est leur capacité de réalisation linéaire dans un ensemble d’organisations topologiques dépendant des catégories en jeu. On distinguera entre les relations d’ordre et les relations d’enclise. Les relations d’enclise déterminent la possibilité d’insertion d’éléments dans les énoncés fabriqués à partir des constructions. Une même structure reliant le constructeur « prêter » à ses compléments : S O OI admettra les réalisations topologiques suivantes :            Je le lui prête / je le prête à Paul / à qui tu le prêtes Les constructions sont comme des lexèmes étendus stockés dans la mémoire à long terme des locuteurs. Les constructions peuvent se développer par enchâssement. Leur composition en catégories est prédéterminée par les contraintes de sous catégorisation. 2) les énoncés ou réalisation des constructions par les locuteurs dans les interactions authentiques. Les énoncés comportent deux types de régularités : -Les régularités de production ou phénomènes de performance proprement dits            Liés à l’élocution, liés à la lexicalisation            1 elle avait mis comme – ici je sais pas comment dire je sais pas comment dire comme un - je sais pas -            comme un bracelet en dessous de sa jambe La construction source de l’énoncé se réduit à : elle avait mis quelque chose en dessous de sa jambe. Les autres segments sont liés à la recherche de lexicalisation de la position objet. -Les régularités de planification : « Les énoncés produits par les locuteurs comportent des matériaux composites de syntaxe, de prosodie, de sémantique, de pragmatique, ainsi que tout un ensemble de routines de discours, certaines relations étant signalées par des marqueurs morphologiques et d’autres non. Comme ces organisations ne peuvent pas être caractérisées uniquement par la syntaxe des catégories grammaticales, plusieurs études récentes se sont accordées pour les situer à un niveau plus englobant de macro-syntaxe. L’unité minimale de l’énoncé est définie comme un noyau, séquence autonome, caractérisée par un contour mélodique qui en marque la fin, autour de laquelle peuvent se disposer différents éléments » (Blanche-Benveniste 2010). Nous nous interrogerons, à la suite de Claire Blanche-Benveniste sur la nature des « matériaux composites » ou unités constituant les énoncés et sur les « relations qu’elles entretiennent entre elles. Dans les cas les plus simples comme : 2. mais bon honnêtement / moi / bord de mer   comme ça / Cannes / tout ça / c' est pas. c' est une ville de vieux       quoi // ffam11 les unités d’énoncés sont articulées par le schéma prénoyau-noyau avec « c’est pas c’est une ville de vieux » comme noyau. Les unités macro sont formées de constructions selon un principe de stratification : l’organisation macro regroupe des constructions micro sans relation micro entre elles. Nous examinerons des cas plus complexes où la situation paraît inversée : une construction micro semble contenir un schéma d’énoncé macro [entre crochets]. Dans l’énoncé 3: 3. L1- donc pendant la guerre tu tu es restée à Toulon L2- je suis restée – toujours à Toulon oui je n’ai pas bougé – tandis que [tu avais des familles où il y avait des personnes âgées – qui avaient des enfants ils partaient de Toulon puisque Toulon était un port de guerre important – ils se retiraient dans la campagne - - parce qu’on avait peur des bombardements] On s’interrogera sur le statut macro ou micro de la relation marquée par tandis que. Dans les énoncés 4 et 5, on comparera deux analyses possibles des séquences en puisque : rattachement au verbe en gras ou à l’ensemble de l’énoncé : <!--[if !supportLists]-->· <!--[endif]-->4 on a déci nous on a décidé à la direction générale de notre groupe que + ces sociétés euh intermédiaires + qui [n'avaient plus d'activité propre + puisqu'elles. avaient donné leur leur activité en location gérance à la société en nom collectif qu'elles qu'elles avaient - - pas + qu'elles avaient contribué à créer ]- - euh n'étaient plus. indispensables euh dans la vie du groupe <!--[if !supportLists]-->· <!--[endif]-->5 j'étais soulagée hein je dois le dire parce que je ne tenais pas particulièrement à à me trouver là face euh au cadavre d'une d'une jeune que je connaissais euh particulièrement et dont je connaissais très bien les parents puisque + on avait exercé la même profession et que des des liens d'amitié nous nous liaient Nous chercherons à distinguer dans le lien intuitivement ressenti entre les constructions en puisque et les verbes en gras ce qui relève du rattachement syntaxique des phénomènes portée sémantique, en montrant que ces dernières sont de nature essentiellement topologique. Références : Blanche-Benveniste, C. & Coll.        (1990): Le Français parlé: Etudes grammaticales, avec Mireille Bilger, Christine Rouget et Karel van den Eynde, Paris: Editions du C.N.R.S. Blanche-Benveniste C. & Martin P. (2010) Le français. Usages de la langue parlée, Leuven/Paris, Peeters. Deulofeu J. (2008): « Pour une linguistique du rattachement », en D. Apothéloz, B. Combettes & F. Neveu (eds.), Les linguistiques du détachement, Berne : Peter Lang, collection Sciences pour la communication, 345-359. Deulofeu J., 2010 « La greffe d’un énoncé sur une construction : une combinaison originale de discours et de rection », in M.-J. Béguelin, M. Avanzi & G. Corminboeuf (éds.), tome 1, 175-208.
responsiblesParisse