Douleur en tête : La réponse extraordinaire d'une expérience ordinaire

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titleDouleur en tête : La réponse extraordinaire d'une expérience ordinaire
start_date2015/03/30
schedule11h
onlineno
location_infoBât. 452, salle de conférence
detailsCycle des conférences CRNL 2015 - Invité par Luis Garcia-Larrea (NEUROPAIN), Olivier Bertrand (DYCOG), Rémi Gervais (CMO)
summaryLa douleur est un phénomène sensoriel qui dépend autant de l'intensité des signaux nociceptifs, que de notre capacité à moduler ces signaux. Hormis la présence de systèmes médullaires pleinement efficaces permettant de faire taire l'influx nociceptif avant son ascension vers le cerveau (e.g., modulation homosegmentaire), il existe des systèmes supra-spinaux interconnectés qui permettent à l'homme de vivre toute une gamme d'expériences douloureuses. Ces systèmes supra-spinaux sont complexes et commencent à peine être déchiffrés. Dans mon laboratoire, on s'est intéressé à comprendre la neurophysiologie de l'effet placebo et les attentes en générales (attentes d'analgésie et/ou d'hyperalgésie). On s'est aussi intéressé à la différence homme-femme dans le traitement cérébral de l'information nociceptive et dans l'activation des circuits liés à la perception du danger ("threat control circuits"). Mes découvertes se sont surtout faites grâce à l'enregistrement électroencéphalographique - qui procure une excellente résolution temporelle et qui permet donc de savoir quand le cerveau réagit à une stimulation douloureuse. Ultimement mes travaux ont pour but d'aider l'homme à maitriser sa douleur et à prévenir sa chronicisation. Mes plus récents travaux vont dans ce sens puisque je mène présentement des recherches sur la mémoire de la douleur et sur son rôle dans le phénomène de chronicisation. Fait intéressant, une revue systématique récemment publiée dans JAMA1 confirme trois choses en ce qui concerne le développent de la douleur chronique : (1) il existe peu de facteurs cliniques associés clairement à la chronicisation de la douleur chez l'homme; (2) la majorité des facteurs prédictifs identifiés jusqu'à ce jour sont d'ordre psychologique et n'expliquent que peu de la variance attribuable à la chronicisation de la douleur; et (3) il n'existe aucune étude ayant développé des algorithmes de traitement basés sur l'arrimage des données cliniques et expérimentales. Pourtant, des données expérimentales récentes dans le domaine de la douleur montrent que la chronicisation de la douleur chez l'humain passe par une modification (i.e., plasticité) du système nerveux central. Peut-on vraiment se permettre d'ignorer encore longtemps la "douleur en tête" ?
responsiblesBéranger, Rossetti