Quelle est la fonction de la notion d’échelle dans l’épistémologie des SHS ?

old_uid19956
titleQuelle est la fonction de la notion d’échelle dans l’épistémologie des SHS ?
start_date2022/01/12
schedule09h30-12h30
onlineno
summaryLa notion d’échelle revêt dans l’épistémologie des différentes sciences humaines et sociales des sens et des fonctions multiples. En histoire - comme en sociologie ou en anthropologie -, les questions qui y sont attachées s’articulent surtout autour d’une réflexion sur la notion de points de vue [Revel, Desjeux]. Le chercheur peut faire varier les échelles d’observations, du « micro » au « macro », ce qui change ce qu’il peut observer. Le problème se déplace alors, et il s’agit de comprendre comment ces observations à différentes échelles sont compatibles, se complètent ou se contredisent ? Ce type de débats ont été la source de profond renouvellement de l’historiographie et des méthodes des historiens dans la seconde moitié du XXe siècle, comme le montre par exemple le développement de la micro-histoire de l’histoire de « longue durée ». Toutefois, la notion d’échelle a également un autre sens, qui ne concerne pas uniquement les opérations d’observation. Des chercheurs ont en effet construit des outils pour leur permettre de comparer ou de classer leurs observations. En histoire, Michel Vovelle a ainsi développé une échelle du sentiment religieux, afin d’étudier la distribution de la piété en Provence au XVIIIe siècle. Qu’est-ce qu’une échelle en SHS ? Quelles réflexions sont attachées à cette notion dans ce très large champ de recherche ? Pour quelle dynamique dans ces différentes disciplines ? Lorsqu’elles sont des outils pour le chercheur, comment sont-elles construites ? pour quels résultats ? ou pour quelles conclusions ? Après une première journée sur la mesure en sciences humaines et sociales en 2018, cette séance se propose d’explorer les différentes questions que posent la notion d’échelle dans une perspective comparative. Trois disciplines seront abordées : la psychologie, la géographie et l’histoire. Nous essaierons de mettre en avant - si c’est possible - et malgré l’apparente « absence d’interdisciplinarité », selon les mots de Nicolas Verdier, des questions transversales qui intéressent les historiens des sciences humaines, autour de l’étude de cette notion d’échelle.
oncancelAvancé du 19 janvier
responsiblesProust, de Courtenay