D’une obstruction et de sa relève dans une classe de pédagogie institutionnelle

titleD’une obstruction et de sa relève dans une classe de pédagogie institutionnelle
start_date2026/05/30
schedule10h30-12h30
onlineno
location_infosalle Stravinsky
summaryUne crise de l’ordre politique dans une classe coopérative de pédagogie institutionnelle, sa relève subjective et collective. Une classe comme milieu de vie, de conflictualité, de désir, de langage. On tentera ici d’aborder une situation de vie quotidienne d’une praxis pédagogique (Francis Imbert), et la façon dont, en son sein, une situation de saturation ou de crise de désintégration du milieu est repris, relevé, dans une dialectique entre subjectivité politique et communauté instituante. Cette situation est issue d’une monographie, « Luigi et Ahmed », écrite par Fernand Oury et Aïda Vasquez, qui ont fondé le mouvement de pédagogie institutionnelle dans les années 1950. La pédagogie institutionnelle est fondée (entre autres par Fernand Oury et Aïda Vasquez, à partir des années 1950) sur l’organisation coopérative de la pédagogie Freinet et sur la prise en compte des phénomènes psychiques, groupaux et politiques (Freud, Marx, les sciences humaines). Ce terme ne désigne pas une « technique » qu’il suffirait d’appliquer, mais un ensemble de praxis éducatives, essentiellement dans des classes ou écoles primaires. Dans une telle praxis, le « groupe-sujet » (Guattari) auto-produit son milieu (psychique, politique, culturel) de travail et de vie ; son organisation coopérative, fonctionnant en démocratie directe (au travers par exemple du conseil de coopérative, mais pas seulement) accueille les singularités de la vie subjective (désir, imaginaire, fantasme), mais également les contingences et les conditions concrètes de la vie (interne et externe au groupe), amenant à une production de valeur (concrète, symbolique, sociale, existentielle), et à sa maîtrise (cela définit une situation vivant à régime praxique, par distinction avec une situation pratique aliénée à la doxa dominant le champ macrosocial, et fonction, quant à elle, « à régime macrosocial »). Dans un tel milieu, la loi symbolique, instituante, désigne à la fois un corps doublement constitué de sujets : des sujets qui librement l’élaborent, la travaillent et la défigent en permanence, sujets qui, dans de telles conditions politiques, peuvent sans contradiction se reconnaître eux-mêmes comme assujettis à cette loi. Que se passe-t-il en cas d’une crise de légitimité de cette loi, sous la forme de sa perversion, de sa confiscation, ou de sa dégénérescence ? À cette question, on ne donnera pas de réponse générale — une théorie émergeant à régime praxique ne peut elle-même qu’exister dans la dimension du précaire, du restreint —, mais l’articulation singulière d’une réponse éprouvée dans le cadre d’une monographie (mode d’élaboration théorico-analytique développé par les groupes de pédagogie institutionnelle). Cette monographie, « Luigi et Ahmed », a été écrite par Fernand Oury et Aïda Vasquez durant les années 1960; elle permettra de voir se consteller un ensemble de dimensions qui permettent de définir le champ de la subjectivité à régime praxique, champ hétérogène d’aliénations (sociale, culturelle, psychique, groupale, etc.) et de dispositifs et actes de relève dialectique, locale et concrète, de ces aliénations dans la vie quotidienne d’une classe primaire. Cet abord se veut une approche à régime de praxis : situations anthropologiques complexe, d’échelle restreinte, et développant une logique d’organisation et un degré de complexité qui la rendent irréductible à un cas particulier d’aliénations à des lois de champs macrosociaux (sans pour autant s’en abstraire). En reprenant les termes sémiotiques de Charles Sander Peirce, la logique de telles situations praxiques est une logique du singulier (vs logique du particulier) et du vague (vs logique générale), logique abductive (d’ouverture au contingent, vs logique de la déduction/induction).
responsiblesNicolas, Laplante-Anfossi, Gonzalez