Téma tu dis quoi on sait direct t’es quel genre de personne : l’interrogative indirecte in situ en français sur 𝕏/Twitter

titleTéma tu dis quoi on sait direct t’es quel genre de personne : l’interrogative indirecte in situ en français sur 𝕏/Twitter
start_date2026/06/05
schedule10h30-12h
onlineno
location_infosalle Paul Imbs
summaryL’interrogative indirecte in situ (ou QI in situ) est une variante non standard de subordonnées interrogatives partielles dans laquelle le mot interrogatif (ou mot en QU-) apparaît en position postverbale (cf. Conein & Gadet 1998 ; Ledegen 2007a,b ; Dagnac 2013 ; Gardner-Chloros & Secova 2018). Autrement dit, au lieu d’introduire la question enchâssée (ex. Je sais pas où elle va), le mot QU- (cf. quoi en (1)) reste in situ, c’est-à-dire dans la même position que sa contrepartie non interrogative dans les phrases déclaratives. FIFA à part des péchés je sais pas il m’apporte quoi ce jeu (cf. https://x.com/Dieydy93/status/1584645154878939138, 27/10/22, 14:57) Paradoxalement, bien qu’elles soient typiques de la langue parlée, les QI in situ sont relativement peu attestées dans les corpus oraux traditionnels du français hexagonal (voir Lefeuvre & Rossi-Gensane 2017). De fait, il est difficile d’évaluer précisément l’envergure du phénomène, c’est-à-dire la fréquence et la productivité (soit l’ouverture lexicale et sémantique, cf. Barðdal 2008 ; Baayen 2009 ; Zeldes 2012) de cette nouvelle variante, ainsi que ses contraintes morphosyntaxiques. À partir d’un échantillon équilibré de 400 QI in situ introduites par les quatre verbes matrices savoir, (se) demander, téma (verlan de mater, signifiant ‘regarder’) et deviner (soit 100 exemples par verbe), extraites du réseau social 𝕏/Twitter, nous montrerons que la QI in situ est soumise à davantage de restrictions lexicales et morphosyntaxiques que sa contrepartie ex situ. En effet, celle-ci (i) se construit rarement avec les adverbes interrogatifs comment et pourquoi ; (ii) contient presque toujours un verbe enchâssé tensé — dans la moitié des cas, il s’agit du verbe être (ex. Demande-lui c’est quoi/qui) — précédé d’un sujet pronominal. Cela étant dit, l’autre moitié des données implique des verbes enchâssés issus de classes sémantiques diverses, dont la majorité constitue des hapax. Ces résultats suggèrent qu’il existe, d’une part, une instanciation très lexicalisée de la construction (c’est + mot en QU-), probablement plus ancienne, et, d’autre part, un schéma constructionnel plus abstrait et donc plus ouvert.
responsiblesGobert