Philosophie, Technologie, Cognition (séminaire interdisciplinaire PHITECO) (2011)

shared_uid1430
titlePhilosophie, Technologie, Cognition (séminaire interdisciplinaire PHITECO)
typeSéminaire
year2011
start_date2012/01/23
stop_date2012/01/27
schedule09h-17h
activeno
websitehttp://www.utc.fr/~jguignar/Phiteco/Phiteco.html
organisational_infoEquipe de recherche EA COSTECH (Connaissance, Organisation et Systèmes Techniques)
summaryLe séminaire PHITECO existe depuis une vingtaine d'années et constitue un moment fort de la vie intellectuelle de notre équipe de recherche EA COSTECH (Connaissance, Organisation et Systèmes Techniques) ainsi que du mineur de formation PHITECO (Philosophie, Technologie, Cognition). Nous essayons d'en faire un lieu de rencontre et de discussion entre chercheurs (pas nécessairement au sens académique) en provenance d'horizons divers (en l'occurrence : philosophique, sociologique, psychologique, ingénierique, linguistique, neurologique, médical et artistique). Argumentaire : Toutes les interactions auxquelles nous prenons part sont empreintes de normes collectives, ou au moins de conventions sociales, partagées par un ensemble d'individus. l'émergence de ces conventions repose sur la perception d'une certaine valeur négociée au sein de l'interaction, et partagée au sein d'un groupe, ce qui aboutit à la constitution/stabilisation d'une communauté de pratiques et d'usages. Peut-on dire de l'amitié qu'elle est un mode particulier de partage de ces valeurs ? Ce mode particulier peut-il être lui-même médiatisé par un environnement technique ? Si oui, en quoi la médiatisation transforme ces interactions spécifiques ? Si l'amitié est une forme singulière du lien interpersonnel, qu'en est-il l'émergence de cette valeur qui se fonde dans l'interaction et qui devient le support de l'intimité ou au contraire de la distance interpersonnelle ? Existe-t-il un « sens de l'amitié » dédié à l'établissement et au maintien des relations amicales, ou celles-ci sont-elles intrinsèquement investies de valeurs par la nature même de notre engagement dans le monde ? Comment peut-on qualifier, chez un individu donné, ce qui sera favorable ou non à l'établissement du lien amical ? Ce lien a-t-il seulement du sens à un niveau individuel ? N'y a-t-il pas plutôt une nécessaire inclination réciproque ? Ou encore, quel sens peut avoir l'idée d'une « amitié collective » ?  L'amitié est-elle un processus d'individuation d'un couple (ou d'un groupe) dans lequel se co-individuent les personnes en interaction ? Quels supports techniques pour ces processus d'individuation ? Sans doute peut-on déterminer quelques traits définitionnels de la notion d'amitié telle qu'elle vaut pour nous, aujourd'hui, ici ? dans la société qui est la nôtre. Ne dira-t-on pas que l'amitié connote une relation à la fois affective (il y va d'un sentiment) et éthique (il y va d'une reconnaissance ou d'une estime réciproque) supposant la singularité de « chaque un » qui s'y engage ? et/ou renforçant voire produisant de telles singularités ? Il s'agirait alors d'une relation qui implique une forme d'engagement (comme tel toujours « moral » ?) là même où, pourtant, l'idée d'un choix maîtrisé et volontaire est mise en crise. Aujourd'hui, nous avons de nouveaux amis ? grâce aux réseaux sociaux numériques : de nouveaux amis ou une mutation de l'idée d'amitié ? On sait que l'amitié peut se mesurer alors en nombre de connexions et se diffuser sur le mode « les amis des mes amis' » entre « individus » dont la référence à une personne comme l'entend toujours aujourd'hui l'Etat civil est tout à fait superfétatoire. Faut-il y voir l'écrasement de l'amitié sur la relation immédiate et facile ? Et que veut dire facile ? La relation de laquelle on peut se déconnecter ? se désengager ? Faut-il y voir au contraire l'ouverture de nouveaux possibles pour l'amitié : de nouveaux amis ou plutôt une amitié d'une qualité nouvelle ? Par ailleurs, nous avons rapport avec des « technologies amicales ». Mais que ? qui ? -  sont ces machines susceptibles d'être « friendly » avec nous ? Et qui sommes-nous qui pouvons être « friendly » avec des technologies ? Et qu'en est-il de cette amitié où s'hybrident l'humain et les technologies ? signifie-t-elle plus que l'usage aisé ou facile ? Ou bien encore, ne s'agit-il pas là au fond du renouveau d'une antique entente de l'amitié, l'amitié qui a aussi été le nom d'une « vertu » - celle précisément qui fait transition entre la dimension éthique (par où je me préoccupe de réussir ma vie) et la dimension politique, où nous tâchons de réussir le « vivre ensemble » : quelque chose de cette amitié là est-elle comme réanimée par les réseaux sociaux numériques ? Est-ce cela, par exemple, qui est en jeu dans le rôle joué par les réseaux sociaux dans les « révolutions du printemps arabe » ?
responsiblesInformation non disponible, Fontaine, Deschamps