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| title | Ecole, langues et pouvoirs (séminaire de sociolinguistique 2011-2012 du LPL, UMR 7309) |
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| type | Séminaire |
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| year | 2011 |
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| start_date | 2012/03/15 |
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| stop_date | 2012/04/19 |
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| schedule | 16h-18h |
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| frequency | le jeudi |
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| active | no |
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| website | http://www.lpl.univ-aix.fr/ |
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| summary | L’école (et plus généralement l’enseignement institutionnalisé sous différentes formes) est souvent associée d’une manière ou d’une autre au pouvoir. Utilisée (notamment dans les sociétés occidentales) comme instrument d’unification (d’un pays, d’un peuple, d’une nation...), elle a tendance à véhiculer une idéologie dominante qui peut aller jusqu’à minorer – lorsqu’elle ne les nie pas – les différences culturelles, sociales... et linguistiques. Le cas de la France est à ce titre emblématique.
L’enseignement des langues illustre parfaitement ce rapport entre langues et pouvoir. On devrait d’ailleurs dire l’enseignement de “la” langue, tant l’école a eu tendance à privilégier un discours monolingue ou en tout cas cloisonné, dans lequel à une entité politique, nationale ou culturelle correspondrait une (et une seule) langue. Mais, depuis la deuxième moitié du XXe siècle, des changements importants sont apparus dans les contextes scolaires : massification de l’enseignement, migrations, décolonisations et accessions à l’indépendance de pays plurilingues, et plus récemment, impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication, des médias, et bien sûr globalisation...
A côté d’un plurilinguisme planétaire difficilement ignorable, on a en outre assisté à l’émergence de “variétés” diverses : formes “véhiculaires et globalisées”, variétés hybrides, parlers urbains, parlers « de jeunes » en milieu urbain... Pour autant, ces changements ont-ils réellement transformé la manière d’appréhender la diversité linguistique à l’école, si cette dernière a pour vocation (ce qui reste à discuter) à intégrer cette diversité linguistique ? Les diverses actions (chartes pour les langues régionales et minoritaires, textes sur les “droits linguistiques” des minorités, création d’institutions dévolues à la promotion et au développement du plurilinguisme, CAPES, passage de la DGLF à la DGLF-LF...) initiées par des agents très différents se concrétisent-elles par des aménagements normatifs et/ou curriculaires, ou ne sont-elles que des déclarations d’intention à effet de monstration d’un plurilinguisme “politiquement correct”, traduction d’une “vision enchantée ou romantique de la diversité linguistique” (Canut et Duchêne, 2011 : 12) ?
Aujourd’hui, comment l’institution scolaire fait-elle rimer école et diversité linguistique ? Quels enjeux de pouvoir se dissimulent (ou pas) dans les politiques linguistiques à l’oeuvre ?
Si, en France, le modèle de l’école (républicaine) est contesté, la question de la langue nationale et des autres langues est posée avec acuité dans différentes parties de la République, et le rapport centralité/diversité est posé à l’école. On peut alors se demander qui pose la question de la diversité linguistique et pour quelles raisons, pour quels enjeux ? L’école nationale peut-elle d’ailleurs « entendre » cette question ?
Ce séminaire invite à réfléchir aux relations entre école, langues et pouvoir dans une perspective sociolinguistique, à travers l’examen de nombreux cas (langues minoritaires, langues « régionales », langues de la migration, situations de diglossie, parlers urbains, parlers “jeunes”, créoles, langue des signes française...) et de nombreux aspects de ces questions (discrimination et inégalités, insécurité linguistique, rapport de domination, violence symbolique, normes, catégorisations, standardisation, changement linguistique, politiques linguistiques). Ces réflexions seront en prise directe avec les questions sociales et politiques contemporaines, dont, par exemple, le récent décret pour l’obtention de la nationalité française et le label FLI (“Français Langue d’Intégration”).
Les discussions collectives seront nourries de lectures critiques de textes théoriques (Bernstein, Bourdieu...), polémiques (Bentolila, Finkielkraut...) ou officiels (constitutions, décrets, référentiel FLI...). Plusieurs intervenants viendront nous présenter des travaux en cours, des études de cas ou des réflexions théoriques ; un programme complet sera très prochainement diffusé. |
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| responsibles | Véronique, Gasquet-Cyrus, Wharton |
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